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PRESSE

Le poète de la toile

SUD-OUEST / Cognac – 5 février 2008 / Patrick GUILLOTON

Stéphane Charbeau est un artiste effectuant ses gammes sur internet et un photographe capable d’étonnantes prouesses panoramiques…

Heureux ceux qui ne comprennent rien à internet et à toutes ces techniques numériques et informatiques, d’autres se chargent de se saisir de ces outils pour les faire rêver. Ainsi, Stéphane Charbeau, un Cognaçais ne perdant pas le nord bien qu’installé dans la rue du même nom…

Longtemps, cet homme élevé aux mamelles du graphisme et du dessin -il a suivi ses études aux Beaux-arts de Limoges et à Angoulême- a eu deux fers au feu. Sa formation lui donnait un métier, sa passion pour la musique lui offrait plus qu’un dérivatif: À tel point que ses chers instruments à cordes (mandoline, banjo, guitare) ont fait de lui, des années durant, un musicien professionnel évoluant au sein d’ensembles cotés, en particulier -les amateurs connaissent- Sweet Mama.

Comprendre. Mais pour autant, Stéphane Charbeau n’a jamais négligé de s’intéresser au monde l’entourant.

Depuis toujours, l’univers des nouvelles technologies a aiguisé sa curiosité. «J’ai passé beaucoup de temps à comprendre», dit-il, ne pouvant s’empêcher de sourire dès lors qu’on lui demande s’il a effectué des stages pour maîtriser ces machines parfois déroutantes. Autodidacte il est, autodidacte il se revendique.

Avec un résultat surprenant puisque désormais à la tête d’une société baptisée « n141.com » (originaire de Saujon, amoureux des deux départements charentais, il a beaucoup traîné sa bosse sur la nationale 141), il navigue comme un chef pour créer quantité de sites internet.

Avec des références sacrément solides puisque le site du Bnic, celui de Blues Passion ou de feu le festival du polar, c’est lui. Mais aussi ceux de maisons de cognac modestes, mais géniales comme AE Dor ou Delamain sans compter nombre de réalisations dans le domaine de l’hôtellerie voire de l’immobilier de grand luxe. Avec, à chaque fois, une vraie création artistique, un soin extrême et la volonté de rassembler les compétences. Et quand il s’agit de sonoriser ces sites, c’est avec un copain d’Angoulême équipé du dernier des matériels performants que Stéphane se charge de la question.

La seconde casquette. Reste que notre homme voit loin. Et qu’il est bien incapable de dire quelle sera l’évolution d’internet. Par contre, à ses yeux, la photo n’a pas d’âge. Voilà pourquoi il s’est coiffé d’une seconde casquette, celle d’un photographe venant de lancer une micro-entreprise. Il a d’abord mis en ligne une photothèque dédiée à deux sujets principaux. D’une part le monde du cognac, d’autre part la région constituée des deux départements charentais. Sa banque d’images recèle 3000 documents montrant que, derrière eux, se cache l’œil d’un professionnel malin et sensible au beau.

Et puis, Stéphane Charbeau s’est lancé dans le « panoramique », cette image très allongée, obtenue par des assemblages. Avant de franchir une autre étape, celle des panoramiques sphériques sur la mise au point desquels il a travaillé durant des années. Sans rentrer dans la technique et en simplifiant à l’extrême, il s’agit d’utiliser un objectif grand-angle monté sur un trépied à l’aide duquel sont prises quatre photos couvrant chacune 90° du champ. La suite?

« Beaucoup de boulot sur l’ordinateur. C’est au minimum deux heures par image » confie celui qui revendique avoir toujours envie de faire des choses nouvelles, toujours envie de relever des challenges techniques, tout en sachant parfaitement qu’il œuvre dans un domaine d’avenir. Le site du «Washington Post» a déjà sa rubrique panoramique, les pays scandinaves, le Japon, développent ces nouvelles manières de voir.

Campagne. Voilà deux mois, Stéphane Charbeau a mis « Panoglobe » (II en ligne, un site ouvrant la porte à l’évasion avec ses visites virtuelles de quantité de lieux magiques des deux Charentes, avec ses centaines de panoramiques et… avec son carnet de campagne des municipales à Cognac.

« Je m’invite dans la campagne électorale et je vais photographier tout le monde », raconte cet artiste curieux, désireux de jouer à plein un rôle citoyen. Son talent est tel qu’il va finir par nous faire rêver avec des programmes électoraux!

: P.G.

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